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Salam Aleikum tutti !
Nous nous régalons toujours de ce séjour. Des couleurs plein les yeux, des odeurs plein les narines, de bons mets plein le bidochon, et les bruits de la ville dans nos petites zoreilles : entre les mobylettes, les appels à la prière, le hennissement des ânes et les babillements de Bérénice !
Samedi, nous avons visité l'un des plus beaux endroits de Marrakech, peut-être même l'une des merveilles du monde (rien que ça! ) : le Jardin Majorelle. Un magnifique jardin qui entoure le pavillon du peintre Majorelle. Végétation luxuriante dans un havre de paix, rythmé par les couleurs vives des pigments, dont ce fameux bleu majorelle, très dense et lumineux, par lequel je suis complètement happée. De petits plans d'eau, un mélange de sobriété dans les formes, d'équilibre dans les proportions, et la place belle laissée aux couleurs.
Bérénice alterne entre des phases de sieste de plus en plus nombreuses (dans le porte-bébé ou la poussette), et des moments d'éveil intense, ses grands yeux ouverts sur le monde, et son sourire qui est toujours aussi rayonnant et nous attire la chaleur des gens que l'on rencontre. Elle a eu un peu de mal à se "laisser aller" dans le rythme d'ici, et à se faire au décalage horaire. Si bien qu'au début, elle en a un peu profité pour vivre sur deux créneaux horaires différents et me réveiller 5 fois par nuit (heureusement que c'est les vacances !) mais cela s'arrange et la nuit dernière il n'y avait plus que la tétée normale de l'aube. Même le chant du muezzin à 4h du matin ne la réveille plus. Elle est adorable. On a instauré un petit rituel. Après les balades de la journée on rentre au Riad en fin d'après-midi, à l'heure où elle termine sa sieste dans la poussette. Et là, c'est le bonheur : piscine avec son papa. Elle adore ! Elle pousse des petits cris de contentement et se laisse complètement aller. Ensuite, on la met en pyjama, elle prend une bonne tétée et on l'installe dans le porte-bébé où elle commence sa nuit. On peut alors partir manger, avec elle endormie contre nous. Parfois elle ouvre vaguement un oeil, ébauche un sourire et se rendort aussitôt. On ne rentre jamais bien tard, histoire de la remettre toute endormie dans son petit lit. Là aussi, elle s'y est fait. Elle ouvre un oeil, reconnaît son lit et se rendort. Jean-Christophe a dégotté une très bonne petite pâtisserie dans le quartier. Quand on rentre du repas, on peut siroter un dernier thé à la menthe en mangeant des petits gâteaux et en bouquinant (ou en écrivant ces mots) dans le patio du Riad, miam !
Nous avons également testé, sur la place principale Jamaa el Fna, les guinguettes. Un lieu hyper vivant, où l'on a été bien aiguillés par les employés du Riad. Ils nous ont conseillé "la" guinguette de poisson frit, où se pressent surtout des marocains, c'est l'endroit de référence. Les guinguettes sont toutes compressées les unes contre les autres et toutes n'ont pas l'air aussi alléchantes. De grandes tables y sont dressées serré, tout le monde qui s'y assied et pour nous, cela a été une succession de petits plats délicieux. Solettes, calamars, daurade, frites maison (les marocains les font vachement bien), caviars d'aubergines, salades et tomates fraîches écrasées en sauce... un vrai régal. On mange tout cela avec les doigts et un morceau de pain, le bonheur ! Bérénice a voulu s'y mettre ; on lui a donné un gros morceau de pain sur lequel elle s'est empressée de baver généreusement et de faire ses dents. Elle n'a rien avalé mais elle a semblé ravie !
Cette place est assez impressionnante. Il faut imaginer une immense étendue vide de tout monument mais emplie de gens, de diseuses de bonne aventure, de femmes qui proposent des tatouages au henné, des charmeurs de serpents, des musiciens, des théâtreux locaux, des jeux de hasard, des vendeurs de babioles, des montreurs de singes et tout un monde qui s'y balade, des locaux, touristes marocains et étrangers.
Nous sommes également allés visiter d'autres lieux-joyaux de cette ville : la très belle Medersa (ancienne école coranique, que l'on pourrait comparer à un monastère en version arable), le musée des beaux-arts dans un Palais des mille et une nuits, des tombaux faits de mosaïques colorées au milieu de jardins de roses, et d'autres palais encore. Et puis les souks, toujours.
Les costumes lancés par Jean-Christophe sont en bonne voie d'être réussis, il y passe presque tous les jours pour des essayages et superviser le travail. Sa veste en cuir est terminée, il l'a récupérée ce soir et elle est super. Il a pu se faire tailler une paire de sandales à son pied et a aussi lancé la facture de quelques chemises. Il est ravi !
Quant à moi, je souhaitais absolument faire un hammam. Il y en a bien un ici au Riad, mais c'est hors de prix et c'est juste une petite pièce chauffée pour ceux qui le demandent, sur commande. Alors l'une des employées du Riad (on a beaucoup sympathisé avec les employés que l'on retrouve chaque jour), a proposé de m'emmener après sa journée de travail, dans le hammam à côté de chez elle. Me demandant de ne rien dire aux patrons qui n'aiment pas que les clients soient "détournés" par leurs employés, pour aller ailleurs que dans leur hammam coûteux (mais qui n'a rien de traditionnel!). C'était super ! Trois grandes salles voûtées en enfilade, le hammam d'un quartier résidentiel tranquille où se vivait devant mes yeux une scène toute quotidienne. Très peu de déco, mais une belle ambiance tranquille. Rien à voir avec les hammams que l'on a en France. Les trois pièces sont de plus en plus chaudes, mais même la plus chaude reste très raisonnable. On y trouve les femmes avec les enfants (petits garçons jusqu'à 5 ans). Plein de seaux d'eau un peu partout, des robinets qui coulent à volonté et le rituel hebdomadaire (ou bi-hebdomadaire) de la toilette au grand complet peut commencer. J'ai eu droit à la totale : d'abord le henné pour traiter la peau (au passage, il n'y avait plus de henné "neutre" chez l'épicier du coin, je me suis donc retrouvée avec un henné légèrement coloré, j'ai les cheveux teints !!!), ensuite le savon noir, le gommage (il faut que ça fasse des "spaghettis" -sic- , c'est à dire plein de boudinets avec les peaux mortes), le ghassoul (sorte d'argile souveraine), le shampoing. On en sort emprunt d'une bonne fatigue, tout propre, tout lisse. Et pour couronner les bienfaits de ce moment, je me suis enfin offert un massage, de retour au Riad, d'une heure (merci Audrey, merci Alexandre pour le "bon-pour-un-massage" de Noël!!). Après m'être occupée d'un bébé depuis bientôt 6 mois, ça faisait du bien d'être à mon tour comme un gros bébé que l'on bichonne !
Aujourd'hui, j'ai cherché des bendirs (tambours maghrébins) ; un à la demande de Thierry et un pour moi. Eh bien je me suis fait visiblement un peu avoir. J'ai fait pas mal de boutiques, ai écouté les différents sons, cherché les bendirs qui me semblaient de belle facture tout en offrant une fondamentale à peu près facile à intégrer dans du chant médiéval notamment (mieux vaut un LA qu'un FA#), même si avec les variations de température, la peau se tend ou se détend et la fondamentale bouge un peu. J'ai trouvé deux beaux instruments que j'ai achetés à la moitié du prix de départ, or d'après le gardien du Riad, ils valent le quart de ce prix ! Bon, c'est le jeu, c'est comme ça et puis en même temps, ce ne sont jamais des sommes faramineuses donc il faut le prendre avec philosophie, et je suis tout de même très contente de ces instruments.
Ce soir, nous sommes retournés chez Bejgueni, le petit resto de brochettes. On s'y est encore régalés. Au Riad, il y a juste un autre couple que nous, super sympas, plus âgés. On a la maison pour nous tout seuls! Pour demain, nous avons commandé une pastilla à la cuisinière. Normalement elle ne le fait pas car cela demande beaucoup de travail, mais là, je crois qu'elle nous aime bien et comme il n'y a pas grand monde, elle a accepté. Bon, cela coûte assez cher de manger ici (comme un resto à Paris!) mais elle cuisine tellement bien qu'il fallait le tenter - j'espère qu'on ne sera pas déçus ! Et c'est bien aussi de passer parfois la soirée ici pour que Bérénice puisse s'endormir dans son lit.
J'aurai encore des choses à vous raconter, sûrement. Mais pour l'heure, je vais me laisser aller dans les bras de Morphée, en vous envoyant de bons baisers ensoleillés...
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Publié à 01:27, le 24/04/2012 dans Marrakech Avril 2012, Marrakech Mots clefs : |
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Et voilà on reprend la route... avec notre petite Bérénice, cadeau de la vie. L'emmener en voyage, et lui faire en retour le cadeau de l'emmener voir à quoi ça ressemble, cette "vie".
Billet réservé avant-hier soir en dernière minute et Riad trouvé hier après-midi, nous avons bouclé nos valises à 3heures du matin cette nuit et nous mettions en route ce matin pour Marrakech la belle.
Dès le réveil, nous étions gagnés par une belle euphorie du départ, visiblement contagieuse car Bérénice a été radieuse dès qu'elle a ouvert les yeux. Pour son premier voyage en avion, se deuxième dent a percé et, heureusement, nous en avons été quittes pour quelques cris perçants seulement. Par contre, on était casés tant bien que mal sur la dernière rangée de l'avion (sinon on doit voyager séparés car Jean-Christophe est trop grand pour tenir dans une rangée normale. il doit sinon s'asseoir aux issues de secours où les bébés ne sont pas admis, snif!). Mais qui dit dernière rangée, dit les gens qui font la queue pour aller aux toilettes. Et qui fait la queue dans un avion n'a rien d'autre à faire que de répondre aux sourires distribués généreusement par une Bérénice, à qui voulait bien les recevoir ! Difficile de l'endormir, et surtout de pouvoir dormir à notre tour pour récupérer de notre petite nuit. Pas grave, le bonheur d'être en route suffit à donner la pêche...
À l'arrivée nous étions attendus par un petit chauffeur mandaté par le RIad, qui nous a conduits en voiture jusqu'à l'entrée du quartier où on loge. Là, un monsieur avec une espèce de grosse brouette nous attendait également, pour nous conduire avec nos bagages à travers de petites ruelles ocre rose bordées de bougainvillées de toutes les couleurs. Toute cette ville est dans cette teinte douce, qui contraste sur l'applat d'un ciel bleu intense où se découpe, contrastée, une riche verdure (arbres, palmiers, fleurs,...)
De prime abord, la ville ne semble pas très grande. Il y a de la circulation, avec des ânes qui tirent des carioles au milieu des voitures. C'est très typique, et ce qu'on a vu nous semble particulièrement bien préservé d'une modernité défigurante. Mais on n'a pas vu encore grand chose, il faut l'admettre.
Nous sommes arrivés au RIad Adika, un endroit magnifique. On a bénéficié de prix de dernière minute et avons atterri dans un petit paradis terrestre ! Toute la maison est organisée autour d'une cour intérieure couverte d'une verrière et garnie en son centre d'une toute petite piscine turquoize avec une fontaine. Les 8 chambres donnent sur la cour, de plein pied ou au premier étage, par un balcon qui fait le tour de la demeure. Et puis il y a le toît, avec des transats confortables et des treilles ombragées... La déco est carrément réussie, on s'y sent bien. L'accueil est adorable, Bérénice est notre sésame. On nous a préparé un lit bébé prêté par un voisin du quartier, dans une chambre douillette et accueillante. Les femmes du riad (la fille de l'accueil et la femme de ménage) l'ont déjà adoptée. On plane...
Jean-Christophe a tenté un plouf avec Bérénice mais elle n'a pas franchement apprécié ! L'eau était un peu fraîche pour elle. Et elle était fatiguée. Après avoir siroté un thé à la menthe dans ce petit havre de paix, nous sommes partis à la découverte de la ville. Ruelles, souks, rues animées. Notre quartier est très calme et puis, plus on s'approche de la place centrale, plus cela s'anime, pour finir sur ladite place, bondée de badeaux, de montreurs de singes ou de serpents, de musiciens, de clowns du cru. Beaucoup de Marocains surtout, ouf ! j'avais peur qu'il n'y aie que des touristes occidentaux. Il y en a mais ça va, ils sont noyés dans la masse. Nous sommes certes interpelés par certains marchands, mais franchement, c'est très très soft. Ils nous fichent pas mal la paix, rien à voir avec ce que l'on nous avait décrit et ce que l'on a connu dans d'autres coins du globe. Bérénice dans le porte-bébé Manduka a dormi pendant toute la balade, elle en avait besoin ! Le climat est idéal. Chaud la journée mais supportable, et frais le soir, pour bien dormir.
Jean-Christophe a déjà repéré les tailleurs qui pourront lui faire un costume sur mesure, et peut-être (Inch'Allah si le portefeuille ne craque pas), une veste en cuir ? Il s'en occupera demain.
Nous sommes rentrés au Riad pour manger car le repas est offert le premier soir. Une grande soupe de légumes à la coriandre suivie d'un tajine poulet-olives-citron fondant nous attendait, et le garçon de l'hôtel avait même préparé un lit de fortune pour Bérénice, à côté de notre table. On a mangé comme des rois, au bord de cette petite piscine bordée de bougies et de lumières chaleureuses, dans un calme absolu... un vrai régal. C'est épatant de voir Bérénice ressentir ce calme et juste planer à nos côtés, toute tranquille.
Bref, nous sommes bien, nous sommes heureux, Bérénice semble particulièrement bien aussi, alors maintenant je vais de ce pas l'imiter, vivement une bonne nuit de sommeil,
Demain je mettrai en place si j'ai le temps, un petit album photos.
Baisers à tous
NB : Voici le lien vers l'abum de nos photos : www.flickr.com/photos/eugeniedemey/sets/72157629498633706/
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Publié à 02:24, le 20/04/2012 dans Marrakech Avril 2012, Marrakech Mots clefs : Marrakech, Riad, arrivée |
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Bonsoir !
Décidément, nous ne désenchantons pas. Cette ville nous plaît énormément !
Aujourd'hui, Jean-Christophe, fidèle à son habitude, a dégoté deux petits tailleurs qui ont l'air extra, et il a lancé la facture d'une veste en cuir chez l'un, et d'un costume sur mesure chez l'autre... Inch'Allah qu'ils lui iront bien ! C'était un bon moment, de là, on s'est laissés porter par nos pas à travers les différents souks, et commençons à nous repérer un peu mieux dans la Medina.
Les filles de l'hôtel, patronne, cuisinière et intendante nous ont dégoté une poussette pour Bérénice, ultra légère, bien pratique, ainsi qu'une baignoire. Je crois que tout le quartier s'y est mis, "c'est comme ça ici !"
Mais Bérénice a du mal à dormir quand on est en route et qu'elle est "face au monde" : elle veut tout regarder, et continuer coûte que coûte à distribuer ses sourires à qui veut bien les prendre. Autant dire que ça marche du tonnerre. Les habitants sont gentils, ils nous sourient beaucoup eux aussi. Je ne sais si c'est moi qui porte un regard différent sur les gens depuis que je suis maman, si c'est la fait que j'aie un bébé avec moi ou si c'est simplement l'hospitalité d'ici mais dans la rue, les femmes, voilées ou pas, m'échangent des regards complices et souriants, les garçons aussi, toujours de manière simple et naturelle...
Nous sommes rentrés nous poser en fin d'après-midi au Riad, et reposer la petite. À son réveil, nouvelle tentative dans la piscine qui avait été chauffée bien plus qu'hier (un peu pour elle, je crois !). Ca n'a pas raté, elle a adoré. Première grande baignade de sa vie, dans les bras de son papa, un pur moment de bonheur après la journée passée à déambuler dans le labyrinthe ensoleillé de la Medina (il fait chaud la journée mais très supportable, "juste ce qu'il faut")
Nous sommes ensuite sortis pour la première fois hors des remparts de la medina, pour aller manger dans le quartier moderne d'El Gueliz. Nettement moins charmant, disons que c'est autre chose. Beaucoup plus bruyant, de larges avenues bordées d'orangers et d'immeubles modernes. Beaucoup de bars branchés, une vie qui semble très intense. Nous sommes tombés sur un petit chauffeur de taxi particulièrement honnête (il nous a d'emblée demandé moins que ce que l'on pensait payer pour y aller), qui nous a conseillé un resto typique d'ici. Rempli de marocains du cru, un petit restaurant à grillades, chez Bejgueni. On y choisit les pièces de viande que l'on souhaite dans un étal réfrigéré très bien garni, ils les pèsent (on paye au moids) et ils nous les grillent, servies avec des frites maison : on a mangé comme des rois ! Pour le dessert, on s'est arêtés dans une patisserie marocaine et avons ramené de quoi se faire un bon petit dessert devant un bon thé à la menthe dans notre Riad. Bérénice est couchée dans son lit. Elle avait commencé sa nuit dès notre départ pour le repas, dans le porte-bébé, qui reste le meilleur moyen de l'avoir endormie avec nous.
Demain, les Jardins de Majorelle et un premier essayage pour Jean-Chrsitophe, en fin d'après-midi.
Voici le lien vers notre album photos : www.flickr.com/photos/eugeniedemey/sets/72157629498633706/
Et maintenant : bonne nuit !
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Publié à 01:27, le 20/04/2012 dans Marrakech Avril 2012, Marrakech Mots clefs : |
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Bonjour,
Me revoilà parisienne et contente d'être rentrée même si, quoi qu'il arrive, il y aura toujours une petite part de mon coeur à rester bien accrochée en Inde...
J'ai retrouvé Paris qui m'est apparue si calme, silencieuse et propre, si peu polluée (ce n'est pas tout noir quand on se mouche, ici!). C'est confortable de se promener sans être haranguée à chaque pas par un commerçant insistant ou un Indien en manque de communication mais pourtant, le sourire des Indiens, omniprésent et enveloppant, fait tellement défaut ici, ainsi que le manque de couleurs : les Parisiens sont beaux, mais ils semblent si ternes à côté des Indiens.
Je me retrouve choquée dans de petits gestes du quotidien, comme celui de prendre une douche "normale" alors qu'en Inde, je me satisfaisais très bien d'une confortable et efficace douche "au baquet" - c’est-à-dire avec un sceau que l'on remplit d'eau et une petite cruche au moyen de laquelle on se mouille et se rince : en plus d'être très pratique, c'est très économe en eau et j'ai vraiment une hésitation récurrente et coupable à ouvrir le robinet de ma douche chaque matin depuis mon retour. Je crois que je vais aller acheter un sceau chez Tati !
Si les Indiens atteignaient notre niveau de vie et qu'ils se douchaient comme nous le faisons, vous imaginez la catastrophe ? Ce serait tout simplement impossible.
Idem, on a beau critiquer leur manière de conduire, si "élastiquement" terrifiante pour nos petits esprits rangés, mais si l'Inde roulait avec le même code de la route que le nôtre, une ville comme Delhi serait tout simplement bouchée 24h sur 24h et il serait impossible d'y circuler.
C'est étonnant de saisir à ce point le lien étroit qui existe entre l'édification d'une culture et les nécessités vitales qui y sont intrinsèquement liées. Et de sentir plus que jamais combien nous, riches occidentaux, nous comportons aujourd'hui non plus en grands colonisateurs "géographiques", mais en colonisateurs idéologiques et culturels (sans parler de l'économie), et combien nos grands préceptes de bonne conscience occidentale arrivent ailleurs tout bonnement hors propos lorsqu'ils sont mis sous l'éclairage de cultures et de nécessités vitales différentes...
Comme l'an dernier, je suis impressionnée et admirative devant la faculté de l'Inde à digérer les influences venues d'ailleurs, à les transformer à sa sauce masala et à se les approprier d'une manière unique et profondément indienne. Le cas le plus visible depuis ici, est le cinéma Bollywood (à ce propos, je vous conseille le dernier succès du moment : "The 3 Idiots" - super chouette!) mais il en va de même pour tout : c'est LA grande force de l'Inde, qui lui assure son indépendance et son charme fabuleux, et n'est pas prête de plier.

Quant à moi, j'ai bien atterri et retrouvé mon homme et ma maison avec un bonheur bien fabuleux lui aussi ! Je me repose et reprends mon rythme parisien. Pas encore trop de boulot en perspective, mais un confortable statut d'intermittente du spectacle tout beau tout neuf tout renouvelé dans la poche, qui me laisse une année de sécurité droit devant pour continuer à me poser mille questions à la minute et peut-être, Inch'Allah, tenter de répondre à quelques-unes !
Voilà le dernier message de cette petite série, en attendant d'autres voyages... Je suis à Paris donc avis aux Parisiens, n'hésitez pas à m'appeler histoire qu'on se fasse un petit gueuleton, et pour les autres, j'aimerais vraiment beaucoup venir un de ces quatre vous voir à Bruxelles, Rixensaert, Istanbul, Montpellier, Ste Croix, la Bretagne, Munich,... 
j'en oublie ?
Plein de bises à tous,
Eugénie
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Publié à 14:37, le 4/02/2010 dans Inde II, janvier 2010, Paris Mots clefs : impressions du retour, Inde, retour |
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Namaskar,
Je reprends ma plume numérique depuis les confins du Rajasthan, a Jaisalmer, dernière ville avant le désert du Thar, qui sépare cette partie de l'Inde et le Pakistan voisin.
Au fur et à mesure que le bus avançait vers cette ville sortie de nulle part, le paysage est devenu de plus en plus pelé, parsemé de quelques buissons cramés par le soleil et la sécheresse, et de quelques arbrisseaux que broutaient des troupeaux de chèvres ou de moutons.
Les gens aussi sont différents. Comme je le disais a la fin de mon dernier mail, plus je poursuis cette avancée vers l'Ouest, moins je vois de femmes dans les rues, et celles que je vois rabattent la plupart du temps le voile vaguement transparent de leur saree devant leur visage. Ce ne sont d'ailleurs plus les sarees que l'on voit partout ailleurs en Inde, car ici la coutume des femmes Rajpoutes est de porter de longues jupes amples et très colorées, souvent incrustées de petits miroirs, avec un corsage et toujours un grand voile par-dessus le tout. Les couleurs sont éclatantes et les visages que l'on aperçoit à travers les voiles attirent presque plus le regard que s'ils étaient à découvert... c'est bien malin! Rien à voir avec les burqas donc, même si je n'envie franchement pas le sort des femmes d'ici.

Les hommes portent de gros turbans et arborent souvent des moustaches fantastiques, avec les pointes recourbées comme le capitaine crochet, et des souliers dont les bouts pointus à l'avant se relèvent vers le ciel. Comme dans le reste de l'Inde, les codes vestimentaires sont étroitement liés a l'appartenance à telle ou telle caste. Ici, cela se joue visiblement sur la taille de la moustache, de la barbe pour les musulmans, de la couleur et de la forme du turban, et pareil pour les femmes.
Par contre je ne rencontre pas du tout le machisme ou l'irrespect que je redoutais un peu en voyageant toute seule dans cette partie de l'Inde, ouf!
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Je suis arrivée à Jaisalmer depuis Jodhpur avec un bus bien local, et cela confirme ma préférence pour ce mode de déplacement en Inde. Certes, c'est assez rocambolesque, mais cela permet de mieux savourer le paysage qui change petit a petit, de traverser villages et bourgades où chaque fois le bus fait une halte et où de petits vendeurs ambulants le prennent d'assaut pour vendre qui des beignets, qui de l'eau, des cacahuètes ou des fruits aux voyageurs. J'aime cette ambiance. On est souvent assez mal assis, voire franchement compressés, et on jouit avec une délectation mêlée de crainte de cette conduite indienne si élastique. Les Indiens ont un code de la route bien à eux. Tout d'abord on roule à gauche (les Anglais ont laissé quelques traces) mais quand il y a une grand route avec 4 bandes et un terre-plein central, genre les Nationales françaises, il ne faut pas être étonné de voir des véhicules de tout genre circuler dans les deux sens, des deux cotés du terre plein! Les Indiens sont les as du dépassement, et pour signaler qu'ils dépassent, (et plus globalement, signaler leur simple présence), ils klaxonnent à tout va, c'est à dire... en permanence. Quant aux dépassements en question, ils génèrent un art et une réelle maîtrise de la queue-de-poisson qui m'impressionne quand elle ne me fait pas pâlir de terreur !
Au final, il n'est pas rare de croiser en même temps, sur une route cabossée, une auto qui double un camion lui-même doublant une moto ou une charrette tirée par un dromadaire, avec un trois tonnes qui arrive en face et évidemment, une vache au beau milieu de la route, impassible. Finalement, tout ce petit monde arrive à se croiser/dépasser comme par miracle, c'est un mécanisme bien huilé.
Voyager en train, c'est bien aussi, certes, mais on voit moins bien les paysages, il y a souvent beaucoup de retard et pour les plus longs trajets, il est parfois difficile d'avoir une place en cette période d'affluence. Ce n'est pas très pratique.
Les trains aussi klaxonnent généreusement. Dans les villes où il y a une gare, on entend toujours au loin leurs longs sifflements. Je les trouve assez sordides et j'ai réalisé ce matin en les entendant, que la plupart sont composés de deux longues notes sifflées simultanément, le plus souvent à distance d'une quinte diminuée, heug! - les musiciens me comprendront : quelle idée de munir les trains de tels diabolus-klaxonicus!
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Mon aventure indienne tient assez bien de l'aventure cette fois-ci, en effet. Mon mauvais karma ne m'aura pas lâchée du voyage. J'ai quitté Udaipur, la ville des mille et une nuits, dans un sale état et suis arrivée à Jodhpur avant-hier soir complètement à plat : ventre HS, crampes, méga fièvre, maux de tête, j'ai dû maintenir un réel effort de concentration pour ne pas m'étaler en pleine rue avant d'arriver à l'hôtel. Bref, le même épisode que précédemment, qui me prend cycliquement, jamais totalement guéri et qui revenait cette fois-ci puissance dix : les médicaments n'avaient donc rien fait! Hier matin, grelottante dans mon lit, j'ai appelé l'ambassade de France qui m'a donné le nom d'un bon toubib à Jodhpur. Ce docteur très gentil m'a reçue une heure plus tard dans la clinique qu'il dirige, et m'a prescrit les bons médicaments pour venir a bout de cette satanée bactérie. Je suis à la diète pour le restant du séjour (adieu cuisine indienne que j'aime tant, je ne peux même plus sentir une épice!). Je voyage en économisant mes forces qui, je l'avoue, sont un peu rabotées. Par la même occasion, ce bon docteur a exigé des radios de mon poignet, encore bien bleu et bien gonflé, mais comme je le pensais il ne s'agit que d'une belle entorse, rien de cassé. J'ai gagné une "vraie" attelle pour l'occasion, classe !
Je ne vous raconte pas à quoi ressemblait la machine à radiographier, mais j'ai eu un peu peur... Par contre, lorsque je me suis dirigée vers la caisse pour régler les soins reçus, m'apprêtant un peu blême à faire marcher la carte Visa en attendant l'assurance, quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'on me tendit une facture de 3 euros !!!
De Jodhpur la bleue, je n'aurai pas vu grand chose : mon lit, à quoi ressemble un hôpital indien, les quelques ruelles animées du bazar autour de l'hôtel pour aller jusqu’à la pharmacie, et un panorama superbe sur la ville, contemplant son fort ocre et le coucher du Soleil depuis le toit de l'hôtel. Je ne pouvais pas rester plus longtemps sinon j'aurais dû sacrifier le but de mon voyage, Jaisalmer - cette petite ville des sables au milieu de laquelle s'élève un fort que l'on croirait capable de s'effondrer à la moindre pluie tant il ressemble à un château de sable sur une plage belge!
J'ai profité d'une rencontre avec une chouette voyageuse américaine pour faire le trajet avec elle aujourd'hui et ne pas voyager toute seule. J'ai déjà pas mal récupéré (sauf les kilos), et une bonne nuit de sommeil me permettra demain d'aller faire un petit tour sympathique dans le désert à dos de chameau, reportant mon projet d'y dormir à un autre voyage, et peut-être en un lieu un peu moins touristique.
J'assisterai aussi au premier jour des festivités du "Désert Festival" qui commence ici après-demain, avant de prendre le train de nuit (19 heures de trajet si pas de retard) qui me ramènera a Delhi. Deux nuits sur place pour quelques ultimes visites et dimanche je m'envole pour Paris. J'aime l'Inde, à un point inimaginable, mais là, j'avoue que je suis contente de rentrer "à la maison" ...
Plein de bises à tous autant que vous êtes,
et à bientôt j'espère, de vive voix,
Eugénie
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Publié à 23:25, le 28/01/2010 dans Inde II, janvier 2010, Jaisalmer Mots clefs : hopital indien, Jaisalmer, conduite, bus, Jodhpur |
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